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Joffre l'imposteur (Editions Jourdan)

Les mensonges sont omniprésents dans les récits de la Grande Guerre
car, dès le début, il faut cacher le but de guerre inavoué de notre pays,
qui est de récupérer l’Alsace-Lorraine. Première grosse manipulation de
la vérité, dès le 4 août 1914, quand le président Poincaré exalte solennellement,
dans son message aux Chambres, l’attitude de la France qui
« a fait jusqu’au dernier moment des efforts suprêmes pour conjurer la
guerre – ce qui est faux – dont l’Allemagne supportera devant l’Histoire
l’écrasante responsabilité ». Le premier mensonge lancé, les autres pouvaient
suivre. Ils ne manqueront pas.
La bataille des frontières condamnant en quelques jours nos cinq armées
à la retraite, notre état-major général, dépassé par l’ampleur des événements
qu’il n’avait pas eu la capacité de prévoir, va continuer la série en
dissimulant l’étendue du désastre et en faisant peser la responsabilité
sur ses subordonnés coupables d’avoir... exécuté ses ordres. Nos chefs
militaires se couvrent ainsi aux yeux du pouvoir civil ; lequel à son tour,
pour se couvrir aux yeux de la population, soutiendra le choix du chef
de l’armée qui a été fait en le glorifiant d’une victoire de la Marne, qui
ne lui appartiendra pas.
L’engrenage fatal des tromperies en cascade est lancé. Il allait sévir pendant
trente-deux semaines d’hécatombes stériles, jusqu’à l’affaire du
Chemin des Dames. C’est cette entreprise d’organisation officielle du
mensonge que dénoncent ces pages, œuvre d’un simple citoyen-chercheur,
voix comme anonyme tant elle se trouve isolée face à l’armada
des moyens accumulés pour imposer la version d’une Histoire qui, au
gré de l’influence des gouvernements quels qu’ils soient depuis un siècle,
perpétue cette lutte disproportionnée entre la population qui cherche à
savoir et le pouvoir qui ne sait que trop.

Tag(s) : #Histoire, #Joffre, #14-18, #armée, #France

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