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Robert De Ville, capitaine dans l’artillerie de l’armée belge écrit dans son journal de campagne, le 25 décembre 1914 : « Maintenant, je vais vous raconter quelque chose qui vous paraîtra incroyable et je vous donne ma parole que c’est vrai. J’ai vu cela et j’ai pensé que c’était un rêve. A l’aube, les Allemands déployèrent un placard au-dessus de leurs tranchées sur lequel était inscrit ‘’Joyeux Noël’’ et alors, quittant leurs tranchées, sans armes, ils avancèrent vers nous en chantant et criant ‘’Camarades !’’. Personne ne tira. Nous avons aussi quitté nos tranchées, séparées les unes des autres par seulement l’Yser à moitié gelée ; nous avons échangé des cadeaux : cigares qu’ils nous donnèrent, chocolat que nous leur lancions. Et c’est de cette manière, presque en fraternisant, que nous avons passé toute la matinée. Incroyable en effet mais vrai ! Ils nous demandèrent de passer Noël sans tirer et toute la journée se passa sans combat. A huit heures du soir, nous fûmes relevés par d’autres soldats et repartîmes vers l’arrière sans être inquiétés. N’est-ce pas magnifique ? Pensez-vous que nous avons eu tort ? Ici, nous avons été critiqués ; on nous a dit que nous avions à nous battre. Mais n’aurait-ce pas été ignoble ? Pourquoi tuer son prochain un tel jour de fête ? ».

AMEZ Benoît, « La trêve de Noël et les fraternisations » dans Les Journaux de Guerre, n°7, 5 juin 2014.

Un chapitre est également consacré au sujet dans AMEZ Benoît, Vie et Survie dans les tranchées belges, Bruxelles, Editions Jourdan, 2013.

Tag(s) : #Histoire, #Mes livres et mes publications, #Témoignages, #Belgique, #14-18, #anecdotes, #Noël, #fraternisation, #paix

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